The Night I Lost My Head * Maxïmo Park

The Night I Lost My Head * Maxïmo Park
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***Pete Hepburn trône au milieu de son fatras. Il est vrai que la plupart des psys, si l'on ôte les maniaques, sont bordéliques. Ne voulant pas déroger à la règle, Pete, au contraire, y fait honneur.

Il attend.
Il attend...
( Vous avez remarqué cette foutue référence à la bonne femme qui répète deux fois le nom des stations dans le métro ?! )

Pete se sent las, car même si ce métier lui tient à coeur, son existence se résume au malheur des gens. Pour ainsi dire, il n'a (presque) pas de vie en dehors. Il voit tellement de problèmes chaque jour, que rajouter les siens deviendrait masochiste.

Pete est ennuyeux. Très.

Il vit seul, pas de colocataire, pas de petite amie, pas de chat, pas de chien, pas de poisson rouge, ni de hamster débile.
Il travaille seul, à part sa secrétaire à mi-temps, Caroline, plutôt vieux jeu.
Il gagne bien sa vie, il n'est pas heureux mais pas fondamentalement malheureux non plus.
Il sort rarement, et la moindre personne de sa famille qu'il voit lui rabache sans cesse: "C'est quand que tu nous ramène ta fiancée?".
Pete a la trentaine déjà bien entamée, il a du charme mais sans plus et mène une vie amoureuse quasi-inexistante.

Il se dit que parfois, la vie n'a pas de sens.

# Posté le mardi 16 août 2005 07:28

Modifié le vendredi 01 juin 2007 01:33

The Man Who Would Be King * The Libertines

The Man Who Would Be King * The Libertines
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***Je commence à m'impatienter. J'ai rendez-vous avec un Banks je crois, un nom comme ça. Mais pourquoi j'ai fait psy? Les gens m'ennuient. Terriblement. Si seulement j'avais des cas intéressants et non de pauvres âmes éplorées terrifiées à l'idée d'avoir une insomnie...La profession en prend un sacré coup.

J'aurais du faire médecin légiste. Au moins, dans leur état, les clients n'embêtent plus leur monde.

Mon cabinet est si loin que ça ?

Il a peut-être annulé. Caroline est bien gentille mais dans son genre ce n'est pas vraiment une lumière. Sans vouloir l'offenser. Enfin tout de même...

Et puis ce temps pluvieux m'agace. Je ne suis pas constitué comme un Londonien normal ?
Certainement. La pluie me rend maussade.

Je chantonne. Lou Reed ?! Je ricane. King Of New York ouais.
Just a Perfect Day...

J'entends un bruit. Même le dos tourné, je jauge le client les yeux fermés. Peut-être jeune mais il connaît le métier comme sa poche, le Hepburn. A mon avis un bourgeois, cinquantenaire, le souffle court, le pauvre a essayé vainement d'échapper à la pluie. J'en mettrais ma main à couper.

Mais qu'est-ce qu'il me veut, lui ?! Bon d'accord je suis psy et je hais mon métier depuis quatre secondes et alors?

..- Monsieur Banks ?
Je me retourne. Je jubile. Je fais ça à chaque fois, ménager son effet de surprise.
J'ai vu ça dans un film quand j'avais quinze ans.

# Posté le mercredi 17 août 2005 16:22

Modifié le vendredi 01 juin 2007 01:34

Work Work Work * The Rakes

Work Work Work * The Rakes
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***L'amour et ses absences font mal comme une balle dans la jambe.

Je sors de ma stupeur. Banks me regarde avec un air de gamin coupable, il triture son chapeau en feutre de ses gros doigts boudinés, et trépigne d'un pied sur l'autre.

Ne saurait-il pas sur quel pied danser ?

Je soupire, et je tourne la tête vers la fenêtre. Un mince rayon de soleil perce à travers les nuages gris. Je souris. Ce n'est peut-être pas une matinée si affreuse que cela finalement.

..- Donc, Mr Banks, parlez-moi de ce qui vous chagrine.

Je n'ai plus de difficulté à dégainer le sourire hypocrite et complaisant maintenant. Dieu, mes professeurs peuvent mourir en paix après avoir eu un élève aussi faux-cul.

..- C'est à dire...Je ne me sens pas confiant. C'est...je me demande toujours si je vais y arriver...puis je finis par ne plus rien entreprendre du tout...vous comprenez, peur de l'échec...

Allons bon. Ca va être long.
Je me surprends à rêvasser.

..- ...Mes collègues, même moins haut placés, sont très railleurs vis-à-vis de mon travail. Ils me prennent pour un trouillard, un...oh comment disent-ils déjà...un BCBG ?

Ouais. Un loser. Remarque ils ne sont pas vraiment éloignés de la vérité.

..- C'est...

Ses hésitations m'insupportent. Je regarde ma montre discrètement. Cela fait déjà une demie-heure qu'il me débite ses tracas, qui n'en sont pas si je puis me permettre. Et je ne me souviens plus de son nom.
C'est assez pathétique comme situation. Un loser me raconte sa vie - normal - mais avec tellement d'entrain qu'il me donne envie de dormir, et je ne sais même plus son nom.

..- Une remise en question perpetuelle, je rajoute.

Il me sourit faiblement. Le crétin.

..- Il me semble que vous devriez un peu plus vous affirmer, dans votre vie professionnelle, et privée. C'est un travail sur soi qu'il faut effectuer. C'est long, laborieux, je l'admets, mais je vous garantis de probants résultats.

Ce que je peux être mauvais commercial des fois. S'il gobe ça...

..- Vous avez raison. Je vais me prendre en main.

J'ouvre des yeux ronds et je balbutie:

..- Monsieur...hm, vous dormez bien au moins ?

On ne sait jamais, peut-être est-ce un insomniaque chronique aussi...

..- Le mieux du monde, merci de vous en assurer, Mr Hepburn.

Il me sourit, remet son chapeau tout déformé, et manque de trébucher sur le siège. Je grimace. Y'en a, c'est leur nature...
Une fois seul, je ne peux pas m'empêcher de réprimer un fou rire. Il faudra que je le revoie lui.
Oh ce n'est pas moral, Pete, tu t'économises, au lieu de rêvasser tu pourrais aider ce pauvre homme...
Je ricane. Je suis cruel...

# Posté le dimanche 21 août 2005 17:30

Modifié le vendredi 01 juin 2007 01:34

Just Like You Imagined * Nine Inch Nails

Just Like You Imagined * Nine Inch Nails
Michael, yeah, You're the only one I'd ever want ...

La chaleur est étouffante. Les jeunes hommes ruissellent de sueur. Gays, pour la plupart. Un en particulier prend les devants. Michael. Il danse comme il n'a jamais dansé. Il se trémousse au centre de la piste, mais cela ne gêne personne. Ils ressentent tous la même chose. Cette énergie euphorique, danser, épater la galerie.

Beautiful boys on a beautiful dancefloor

Tous des éminents représentants de la jeune hype britannique. Vêtus de noir, ceintures à clous, bracelets de cuir, Creepers et mèche de cheveux savamment disposées. Tous identiques. Seul Michael se démarque. Il est toujours remarqué.

so close now, so close now ...

Pourtant l'alcool ne coule pas à flot. Au contraire. Ca, les boîtes de nuit ordinaires s'en chargent bien assez. Ceux-là sont parfaitement lucides.
Il se déchaîne, ne pense plus à rien, se contrefout de savoir s'il a l'air d'un pantin désarticulé. Il soutient le rythme de la tête, se place devant l'enceinte du groupe qui se produit. Les musiciens ressemblent à tous les autres. Toute l'assemblée est semblable à Michael ...

Sticky hair. Sticky lips. Stubble on my sticky hips.


Je me réveille en sursaut. Ca n'a pas de sens !
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# Posté le mardi 23 août 2005 17:57

Modifié le vendredi 01 juin 2007 01:34

The Night I Lost My Head * Maxïmo Park

Cracked Actor * David Bowie
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***Pete Hepburn trône au milieu de son fatras. Il est vrai que la plupart des psys, si l'on ôte les maniaques, sont bordéliques. Ne voulant pas déroger à la règle, Pete, au contraire, y fait honneur.

Il attend.
Il attend...
( Vous avez remarqué cette foutue référence à la bonne femme qui répète deux fois le nom des stations dans le métro ?! )

Pete se sent las, car même si ce métier lui tient à coeur, son existence se résume au malheur des gens. Pour ainsi dire, il n'a (presque) pas de vie en dehors. Il voit tellement de problèmes chaque jour, que rajouter les siens deviendrait masochiste.

Pete est ennuyeux. Très.

Il vit seul, pas de colocataire, pas de petite amie, pas de chat, pas de chien, pas de poisson rouge, ni de hamster débile.
Il travaille seul, à part sa secrétaire à mi-temps, Caroline, plutôt vieux jeu.
Il gagne bien sa vie, il n'est pas heureux mais pas fondamentalement malheureux non plus.
Il sort rarement, et la moindre personne de sa famille qu'il voit lui rabache sans cesse: "C'est quand que tu nous ramène ta fiancée?".
Pete a la trentaine déjà bien entamée, il a du charme mais sans plus et mène une vie amoureuse quasi-inexistante.

Il se dit que parfois, la vie n'a pas de sens.

# Posté le mardi 23 août 2005 18:46

Modifié le vendredi 01 juin 2007 01:33